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Aléthéa Liens, jeune ingénieure en devenir

par Simon JUMEL - publié le

Aléthéa Liens, jeune ingénieure en devenir

Chef de projet à seulement 23 ans au sein du laboratoire LEAD, spécialisé dans les matériaux à portée biomédicale et inauguré en mai 2015, Aléthéa Liens a su se frayer un chemin et s’imposer dans le milieu de la recherche sans traîner. Retour sur son parcours de jeune ingénieure influencé par des escales au Japon.

À l’issue de son baccalauréat scientifique spécialité physique chimie, Aléthéa Liens décide de prolonger son attrait pour ces disciplines en intégrant l’INSA (Institut national des sciences appliquées) de Lyon. Le petit plus de la formation ? « Le fait que ce soit une filière offrant une large gamme de spécialités tout en restant très ouverte à l’international » répond-elle, avec notamment la possibilité d’apprendre le japonais auquel Alethea s’est hâtivement initiée.

Son intérêt pour le pays du Soleil-Levant la pousse d’ailleurs à y effectuer son stage de première année dans un hôtel, hors de tout champ scientifique. Elle y découvre le monde du travail dans une totale immersion de ce pays porté par la technologie et l’innovation. En troisième année, la jeune étudiante se spécialise en science et génie des matériaux. C’est à la fin de son cursus, notamment grâce aux stages effectués, qu’elle se perfectionne dans le domaine du biomédical : en quatrième année chez Kisco International, une entreprise biotechnologique spécialisée dans les dispositifs médicaux, puis en fin de formation, dans un laboratoire de métallurgie au sein de l’IMR (Institut for materials research) à l’université de Tohoku de Sendai au Japon, après y avoir passé ses deux derniers semestres. Ce fut ainsi l’occasion pour Aléthéa de travailler sur les alliages de titanes destinés à des applications biomédicales. « L’objectif était de changer les compositions de différents alliages de titane afin d’en optimiser les propriétés mécaniques et en améliorer la biocompatibilité » explique-t-elle. Une expérience avec « de nombreuses manipulations, des conférences scientifiques et un travail de collaboration internationale pour une véritable immersion dans le domaine de la recherche » ajoute-t-elle.

Novembre 2014, Alethea Liens se voit confier la tâche de chef de projet en tant qu’ingénieure de recherche au sein du laboratoire commun LEAD (Laboratoire d’excellence en applications dentaires) basé à Lyon. Ses études se concentrent sur l’aspect matériaux, des propriétés mécaniques aux caractérisations microstructurales, principalement métalliques (Titanes et alliages) et céramiques (Zircone) dans une recherche constante d’innovation. Créé par la société Anthogyr – concepteur, fabricant et distributeur d’une gamme complète d’implants et d’instruments dentaires – et le laboratoire MATEIS1 – dédié aux sciences de l’ingénierie et des matériaux et dirigé par Jérôme Chevalier, lauréat de la médaille de l’innovation 2015 du CNRS – l’unité tire parti de la mise en commun des savoir-faire de ses deux structures mères. Une double casquette qui permet à la chercheuse de mettre à la fois un pied dans l’univers du laboratoire, qu’elle juge rassurant, et dans le monde responsabilisant de l’entreprise, lui permettant d’engranger de la confiance.

Si une majeure partie de son travail reste consacré aux manipulations, avec notamment la réalisation de ses propres essais, Aléthéa Liens ne demeure pas moins très présente au sein de l’entreprise Anthogyr. « C’est un peu comme effectuer une thèse avec en plus un travail de gestion de projet, nécessitant la prise en compte d’un budget ainsi qu’une interaction avec plusieurs équipes ». Le challenge réside finalement dans le fait de parvenir à associer le monde de l’entreprise et celui du laboratoire, « à les mettre en accord car les buts et les finalités sont parfois différents », précise-t-elle.

Concernant sa position de femme ingénieure, elle reconnaît, en se fondant sur son vécu personnel, que le milieu scientifique reste plus ouvert aux hommes, « surtout au Japon ». En revanche, elle constate une vraie féminisation du secteur médical. Pour elle, « être une femme dans un milieu majoritairement masculin, c’est une force, une façon de se construire et de s’enrichir personnellement ! ».

1 Laboratoire Matériaux, Ingénierie et Science (CNRS/Univ. Lyon 1/INSA Lyon)