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Pauline Butaud et Julie Lafaurie-Janvore, lauréates d’une Bourse française « L’Oréal-Unesco Pour les Femmes et la Science » 2015

par Simon JUMEL - publié le

Pauline Butaud et Julie Lafaurie-Janvore, lauréates d'une Bourse française « L'Oréal-Unesco Pour les Femmes et la Science » 2015

Pauline Butaud, doctorante à l’Institut Femto-ST à Besançon, et Julie Lafaurie-Janvore, post-doctorante au Laboratoire d’Hydrodynamique à Palaiseau, figurent parmi les 20 lauréates 2015 du programme « L’Oréal-Unesco Pour les Femmes et la Science ». Portraits de ces deux femmes scientifiques au parcours brillant, récompensées pour leurs travaux de recherche et leur action de vulgarisation.

Amortir les vibrations avec des polymères à mémoire de forme
Pauline Butaud – Franche-Comté Electronique, Mécanique, Thermique et Optique – Sciences et technologies (Femto-ST, CNRS/Univ Franche-Comté/UTBM/ENSMM)
Boursière doctorante

Ingénieure de formation et doctorante depuis 3 ans au sein du département de Mécanique Appliquée de l’Institut Femto-ST (CNRS/ENSMM /Univ. Franche-Comté/UTMB) pôle « vibrations et acoustique », Pauline Butaud reçoit une bourse « L’Oréal-Unesco Pour les Femmes et la Science » 2015 pour ses travaux sur les polymères à mémoire de forme, capables d’amortir certaines vibrations.
Les polymères sur lesquels portent les recherches de Pauline Butaud sont particulièrement intéressants pour contrôler les vibrations liées aux transports terrestres, aéronautiques et aérospatiales. Leur intégration pourrait diminuer le bruit et l’usure des pièces utilisées dans ces secteurs. Ces plastiques, dits « intelligents », ont en effet la capacité de changer de forme sous l’effet de la température. Le principe consiste à intégrer le matériau dans un composite aluminium polymère. L’assemblage vibre intensément à température ambiante mais en le chauffant, les résonances s’estompent. Ces matériaux composites utilisés à des températures optimales présentent ainsi des qualités amortissantes particulièrement convoitées pour l’amélioration du comportement dynamique des structures.
Encore peu explorées à ce jour, les qualités amortissantes de ces matériaux permettraient d’augmenter la durée de vie de composants qui nous entourent. Grâce à cette bourse, Pauline Butaud pourra poursuivre ses recherches et appliquer les polymères à mémoire de forme à des matériaux composites adaptatifs afin de fabriquer des démonstrateurs et prouver leur efficacité. Une aubaine pour les acteurs industriels à la recherche du matériau idéal.

Portrait de Pauline Butaud
© Stéphane Cardinale
Le matériau est intégré dans un composite aluminium polymère
© Jeremy Querenet / Université de Franche-Comté (capture d’écran YouTube)

Maladies cardiovasculaires : aider la cicatrisation de l’artère après la pose d’un stent
Julie Lafaurie-Janvore – Laboratoire d’Hydrodynamique (LadHyX, CNRS/École polytechnique)
Boursière post-doctorante

Issue d’une formation en biologie, Julie Lafaurie-Janvore a consacré sa thèse au rôle des forces mécaniques lors de la division cellulaire. Actuellement post-doctorante au Laboratoire d’Hydrodynamique (LadHyX, CNRS/École Polytechnique), c’est à ce titre qu’elle reçoit la Bourse « L’Oréal-Unesco Pour les Femmes et la Science » édition 2015.
La lauréate effectue des recherches pluridisciplinaires, relevant de la biologie cellulaire et de la biophysique, dédiées à l’amélioration de la cicatrisation des artères suite à la pose de stents, des dispositifs biomédicaux utilisés pour les patients menacés d’infarctus du myocarde ou d’accidents vasculaires cérébraux. À l’origine de ces maladies cardiovasculaires : l’athérosclérose. Une pathologie qui se caractérise par le dépôt d’une plaque graisseuse sur la paroi interne des artères pouvant, à terme, bloquer le flux sanguin et entraîner des lésions. La pose d’un stent vasculaire, petit ressort métallique cylindrique inséré dans l’artère, permet en cas de dépôt trop important de rouvrir le vaisseau obstrué pour rétablir et maintenir la circulation sanguine.
La pose du stent présente néanmoins l’inconvénient de blesser la paroi interne de l’artère. C’est sur cet aspect que portent les recherches de Julie Lafaurie-Janvore qui visent à améliorer la cicatrisation du vaisseau lésé. D’autant plus qu’aucune solution n’existe à ce jour. Pour cela, la post-doctorante réalise in vitro des structures micrométriques destinées à guider les cellules tapissant l’intérieur de l’artère afin de les aider à reconstituer la paroi du vaisseau abîmé.
Ses travaux pourraient contribuer à améliorer l’efficacité sur le long terme des traitements de maladies cardiovasculaires par la pose de stent.

Julie Laufaurie-Janvore dans son laboratoire
© Philippe Lavialle / Collections École polytechnique
Systèmes microfluidiques testés in vitro
© Philippe Lavialle / Collections École polytechnique














Zoom sur la Bourse « L’Oréal-Unesco Pour les Femmes et la Science » :
Les Bourses France « L’Oréal-Unesco Pour les Femmes et la Science » sont chaque année décernées à 20 femmes scientifiques, sélectionnées pour cette édition 2015 parmi plus de 800 candidatures. Les lauréates sont récompensées à hauteur de 15 000 euros pour les doctorantes, 20 000 euros pour les post-doctorantes.
Cette bourse est destinée à mettre en lumière les travaux novateurs de ces chercheuses aux yeux de leurs pairs et du grand public, à l’échelle nationale et internationale, tout en les accompagnant à une étape charnière de leur carrière. Avec ce prix, les lauréates deviennent ambassadrices pour le programme « Pour les Filles et la Science » de la Fondation L’Oréal. Elles interviendront dans les mois à venir au sein de lycées afin de favoriser l’accès aux sciences aux jeunes filles qui hésiteraient peut-être encore à se lancer dans la discipline.


Contact communication INSIS du CNRS :
Chloe Rimailho